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Je dois vous raconter une anecdote. Parti de Bordeaux un dimanche matin où j'avais passé une semaine dans la région, je devais me rendre en train à Nice et de là l'équipe m'attendait pour me ramener à Saint-Tropez pour le dimanche, car le lundi matin il fallait retrouver la « gang » pour préparer l'émission qui était toujours diffusée en direct. Je suis dans le train depuis 10 h 00 le matin et soudain, trouvant le trajet long et lent (« petit train va loin » mais n'allait pas vite, arrêtant à chaque gare au passage), je décide de descendre et de me faire conduire à l'aéroport le plus proche. Sauf que le pauvre petit animateur de passage ne savait pas, lui, que le dimanche, il n'y avait pas de vols vers Nice et Saint-Tropez. Alors que faire, je suis descendu du train, là, moi. Rien d'autre à faire, je reprends le train et me revoici en route pour Nice (c'est là que l'équipe devait me prendre pour me ramer à mon hôtel et à Saint-Tropez. Entre temps, le temps passe, la nuit vient et me voici effectivement à Saint-Raphaël, près de Saint-Tropez, là où le train s'arrête. Je descends, valises en main, personne pour m'accueillir bien évidemment, on m'attend à Nice.
Comment me rendre à Saint-Tropez, il est 10 h 00 du soir. Faut se débrouiller dans de telles circonstances! Je demande à des jeunes qui discutaient près de la gare si je pouvais trouver un « lift » pour me rendre à Saint-Trop… En bons samaritains, ils acceptent que je monte à bord, mais l'auto étant surchargée, le seul espace restant était sur les valises en arrière de leur « break » comme on disait là-bas! Je pars avec eux, arrive à Saint-Tropez. L'hôtel où je logeais ne répondait pas. Je logeais à Ramatuelle (là où est enterré Gérard Philippe) à quelques kilomètres de Saint-Tropez, genre de B&B, mais hélas à 11 h 00 du soir, tout était fermé, leur invité ne venant pas à l'heure prévue. Que faire? Les mêmes personnes qui m'avaient emmené à destination me proposent d'aller dormir chez-eux, aucun lit de disponible, mais avec un peu d'imagination, on consentirait à ce que je dorme sur le balcon, dans un hamac, c'est l'été après tout et la région est réputée pour son climat qui plaît tant aux vacanciers. Je dormirais donc dans un hamac, mais ce que je ne savais pas, les moustiques existent là aussi. Des maringouins par surcroît et deux fois plus gros que ceux de Petit-Saguenay. Je ne dormis pas un seul instant. Et le matin à 09 h 00, je retrouve mon équipe sur la Place des Lices. Quelle ne fut pas la réaction de mon réalisateur (Olivier Nanteau) en me voyant à l'heure : « Il est con ce mec! » Je n'oublierai jamais ce matin de juillet qui couronnait la visite de « Salut la parenté » à Saint-Tropez.
Et le voyage de continuer, les rencontres encore plus exaltantes les unes que les autres. Petite vacance de deux semaines à Pâques, Nathalie et moi en profitons pour venir faire une virée au Québec et voir la parenté. Mon père, ma mère, toujours vivants à l'époque, habitaient la petite maison que j'avais fait construire pour leur retraite sur un coteau dans le village de Petit-Saguenay. Bien ragaillardi, c'est le retour en France pour une autre tranche de «Salut la parenté»!
L'expérience se poursuivra jusqu'en juillet 1979. C'est là qu'il faut décider, ou je reste en France et poursuit une carrière ou je rentre chez-moi et retourne à mes animations à Radio-Canada. La décision fut prise ma fille et moi que l'expérience bien que super excitante avait fait son chemin et qu'il valait mieux revenir au Québec où la suite de la carrière radio et télévision se poursuivrait. Mais les liens d'amitié étaient tissés et encore aujourd'hui, les portes sont grandes ouvertes pour moi si je remets les pieds en France. Les Vasseur de Rouen (aujourd'hui à Tours), les Leclerc de Gevrey Chambertin, les Langoüet de Saint-Malo, les Vanhoutte de Biarritz et encore et encore. Autant de parentés que je visitai durant ce séjour mémorable en France et qui continuent à alimenter mes rêves les plus merveilleux.
Sage décision tout de même que de revenir au bercail. Ce qui me permettra de passer 32 années de bonheur à Radio-Canada. Mais Radio-France restera un jalon important de ma carrière d'animateur. Séjour qui me permit de rencontrer entr'autre une animatrice qui fera sa marque au Québec, Chantal Jolis. Chantal animait avec moi la portion Paris de «Salut la parenté». Elle me donnait pour ainsi dire la réplique française. Quelle animatrice formidable elle deviendra chez-nous par la suite. Je me permis à mon retour à Montréal de proposer à Radio-Canada et son directeur de la programmation radio à l'époque (Jean Desmarais) de confier à Chantal un tranche horaire. Et la voici à Montréal à l'été 1980 avec Jean-François doré pour animer les après-midi de la radio. Grand succès pour le couple d'animateurs et ce sera pour Chantal le début d'une belle carrière. Nous reconnaissons tous sont grand talent d'animatrice.
Voilà une tranche d'une carrière exaltante. Elle se poursuit encore aujourd'hui à l'antenne de Radio Ville-Marie 91,3 Montréal. Si l'aventure vous intéresse, je puis vous emmener sur les grandes étapes de ce voyage fantastique que j'ai fait et pourrais refaire pour vous via Le Manousien. Donnez vos commentaires (jacques.houde@videotron.ca). Et qui sait, vous aurez peut-être le bonheur de faire, avec moi, une autre belle embardée dans le pays de notre ancêtre Louis. (La première visite que je fis au Perche de notre ancêtre est mémorable, les «tripes à la mode de Caen» de Robert Rotrou me revenant soudainement à la mémoire).
À bientôt?
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